ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, Copilot…
Nous sommes nombreux à utiliser ces outils quotidiennement. Ils rédigent, analysent, synthétisent, cherchent, automatisent et commencent même à agir directement dans nos environnements de travail.
Mais plus l’intelligence artificielle s’installe dans nos entreprises, plus une question devient difficile à éviter : à qui confions-nous réellement nos données ?
Et derrière cette question en apparaît une autre, beaucoup plus stratégique : devons-nous désormais privilégier une IA française ou européenne ?
C’est tout le débat autour de l’IA souveraine.
La souveraineté numérique n’est plus un sujet réservé aux États
Pendant longtemps, parler de souveraineté numérique pouvait sembler assez éloigné des préoccupations quotidiennes d’un dirigeant de PME. Ce n’est plus vraiment le cas.
Lorsque l’IA sert simplement à trouver une idée de publication LinkedIn, l’enjeu reste limité. Mais lorsqu’elle commence à analyser des contrats, consulter une base clients, travailler sur des données financières, accéder à SharePoint ou à un CRM, préparer des décisions ou automatiser certains processus internes, la question change complètement.
L’IA devient progressivement une véritable couche de l’entreprise.
Et c’est précisément pour cette raison que l’Europe accélère aujourd’hui sur le sujet. Infrastructures de calcul, cloud, modèles d’IA, centres de données, semi-conducteurs : derrière cette bataille technologique se joue aussi notre capacité à ne pas dépendre entièrement d’acteurs et d’infrastructures situés hors d’Europe.
Pour une entreprise, cette réflexion commence beaucoup plus simplement : où vont mes données, qui peut y accéder et de qui vais-je dépendre demain ?
Une IA européenne n’est pas automatiquement une IA souveraine
C’est là que les choses deviennent intéressantes.
On entend beaucoup parler d’« IA française », d’« hébergement européen » ou encore de « données traitées en Europe ». Ces notions sont importantes, mais elles ne sont pas équivalentes.
Une entreprise peut être européenne tout en utilisant certaines infrastructures étrangères. À l’inverse, un acteur américain peut proposer des options de traitement ou d’hébergement en Europe.
La souveraineté ne se résume donc pas au pays dans lequel se trouve le siège social du fournisseur. Elle concerne toute la chaîne : le modèle, l’infrastructure, le traitement des données, leur conservation, les prestataires impliqués et la capacité de l’entreprise cliente à conserver la maîtrise de son environnement.
C’est beaucoup moins spectaculaire qu’un simple « Europe contre États-Unis ». Mais c’est aussi beaucoup plus proche de la réalité.
Et Mistral dans tout ça ?
Impossible évidemment de parler d’IA souveraine sans évoquer Mistral AI.
L’entreprise française est devenue l’un des symboles de la volonté européenne de construire une alternative crédible aux grands acteurs américains. Et son développement est une excellente nouvelle pour les entreprises européennes : avoir davantage de choix est précisément une composante de la souveraineté.
Mais là encore, il faut éviter les raccourcis.
Choisir Mistral plutôt que ChatGPT ne rend pas automatiquement toute l’architecture informatique d’une entreprise « souveraine ». Il faut regarder où sont exécutés les modèles, comment les données sont conservées, quelles fonctionnalités sont utilisées et comment l’ensemble s’intègre au système d’information.
La question n’est donc pas simplement de savoir quelle nationalité possède notre IA. La vraie question est de savoir quel niveau de contrôle nous voulons conserver.
Alors, faut-il arrêter ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot ?
Non. Et ce serait probablement une erreur de présenter le sujet de cette manière.
Tous les usages ne présentent pas le même risque.
Une équipe marketing qui utilise une IA pour travailler sur des contenus publics n’a évidemment pas les mêmes contraintes qu’un bureau d’études qui lui transmet des documents industriels confidentiels.
De la même manière, analyser une documentation publique, travailler sur des données RH ou connecter un agent IA directement à un ERP ne demande pas le même niveau de vigilance.
C’est pourquoi je pense que nous allons progressivement sortir d’une logique dans laquelle une entreprise choisit « son IA ». Nous allons plutôt choisir plusieurs IA et plusieurs architectures selon les usages.
Et c’est probablement beaucoup plus sain.
Le vrai sujet : savoir ce que l’on peut confier à chaque IA
Chez MyAiFactory, c’est de plus en plus ainsi que nous raisonnons.
Nous ne cherchons pas systématiquement à déterminer quel modèle serait « le meilleur ». Nous cherchons d’abord à comprendre ce que l’entreprise veut lui confier.
Pour des usages courants et des informations peu sensibles, la qualité du modèle, sa simplicité d’utilisation et son coût peuvent parfaitement être prioritaires.
À mesure que l’on entre dans les données internes, commerciales ou confidentielles, d’autres critères prennent naturellement davantage de poids : confidentialité, localisation, sécurité, conservation des données, intégration au système d’information.
Et lorsque l’on touche à des données particulièrement stratégiques ou à des secteurs sensibles, la question de la souveraineté peut devenir centrale.
Il n’existe donc probablement pas une bonne IA pour toute l’entreprise. Il existe une bonne architecture pour chaque niveau de risque.
Ce que les dirigeants devraient commencer à demander
Dans les prochains mois, une question comme « Vous utilisez ChatGPT ou Mistral ? » deviendra probablement insuffisante.
Lorsqu’un prestataire vous propose une solution IA, demandez-lui plutôt où vos données seront traitées, si elles seront conservées, qui pourra y accéder et ce qui se passera si, demain, vous souhaitez changer de technologie.
Et surtout, demandez-vous quelles informations de votre entreprise vous accepteriez réellement de confier à cette architecture.
C’est là que commence une véritable stratégie IA.
La souveraineté, finalement, c’est aussi garder le choix
Choisir une IA française ou européenne peut être extrêmement pertinent. Dans certains environnements, cela peut même devenir un critère déterminant.
Mais la souveraineté ne devrait pas devenir un argument marketing supplémentaire que l’on coche sur une plaquette. Elle doit répondre à une question beaucoup plus simple : est-ce que mon entreprise garde réellement la maîtrise de ses données, de ses outils et de ses choix technologiques ?
Finalement, la question n’est peut-être plus : « Quelle est la meilleure IA ? »
Mais plutôt : « Quelle IA pour quelles données, quels usages et quel niveau de risque ? »
Et pour un dirigeant, c’est probablement une bien meilleure question.
MyAiFactory accompagne les entreprises dans le choix et l’intégration de solutions d’intelligence artificielle adaptées à leurs métiers, à leurs données et à leurs environnements numériques.
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Mais la souveraineté ne devrait pas devenir un argument marketing supplémentaire que l’on coche sur une plaquette. Elle doit répondre à une question beaucoup plus simple : est-ce que mon entreprise garde réellement la maîtrise de ses données, de ses outils et de ses choix technologiques ?
Finalement, la question n’est peut-être plus : « Quelle est la meilleure IA ? »
Mais plutôt : « Quelle IA pour quelles données, quels usages et quel niveau de risque ? »
Et pour un dirigeant, c’est probablement une bien meilleure question.
MyAiFactory accompagne les entreprises dans le choix et l’intégration de solutions d’intelligence artificielle adaptées à leurs métiers, à leurs données et à leurs environnements numériques.

Pour aller plus loin
- IA en local : vos données restent chez vous
- Stratégie IA pour les entreprises
- Audit, conseil et conformité IA
- Microsoft 365 et Copilot
- Le Brief IA du Dirigeant #21 — IA & sécurité : les nouveaux risques à anticiper
- PROG.16 – Sécurité, RGPD et conformité des usages de l’IA
- Réserver mon audit de maturité offert
- Catalogue des formations IA certifiées Qualiopi



